23 juillet 2017

Le Message coranique durant les premières années de la Révélation

Après un bref séjour au Sénégal, je reviens sur ce blog dédié à la vie, au message et à l’enseignement de notre Illustre Prophète (PSL).
Durant les premières années de la Révélation, le message coranique s’est structuré autour de quatre axes :
l’unicité de Dieu, le statut du Coran, la prière et enfin la vie après la mort.


L’unicité de Dieu (at-Tawhîd)

L’essentiel du message coranique était l’affirmation de l’unicité de Dieu. Avec la notion de « Rabb », vont bientôt apparaître le nom divin « Allah » et des formules qui associent Son être à la paix et à la miséricorde. Ainsi l’ange Gabriel interpelle le Prophète (PSL) avec la formule :


« Que la paix soit sur toi, Ô Envoyé de Dieu »



« Que la Paix et la Miséricorde de Dieu soient sur toi »



Ces formules sont celles que les musulmans utiliseront dès l’origine, et jusqu’à aujourd’hui pour se saluer et invoquer Dieu au moyen de deux de Ses noms : la Paix (as-Salâm) et le Très-Miséricordieux  ou le Très Clément -  l’Infiniment Bon  (ar-Rahmân).

Par ailleurs, chaque verset du Coran commence par une phrase de sanctification rappelant la Présence de l’Unique et Ses qualités suprêmes :


« Au nom de Dieu, Le Très Clément, le Miséricordieux »


Le Coran fera très tôt du nom ar-Rahmân un équivalent du nom Allâh :


« Invoquez Dieu (Allah ou invoquez l’Infiniment Bon, le Très Miséricordieux, le Très Clément (ar-Rahmân), quel que soit celui que vous invoquez, c’est à lui qu’appartiennent les beaux noms. » Coran (17, 110)


Cette omniprésence de la référence à l’Unique et à ses différents noms et qualités est essentielle. Cette attitude va façonner le mode de relation que les premiers croyants établiront avec Dieu. Une reconnaissance de Sa présence et une assurance que Sa bonté est un don. Sa présence n’est en réalité qu’une promesse de Paix. C’est ce que confirme à merveille la sourate ar-Rahmân  qui s’adresse aux êtres comme aux Djinns :


« Le Miséricordieux a enseigné le Coran, créé l’homme et lui a appris à s’exprimer clairement.
Le Soleil et la Lune obéissent à des lois préétablies. Les herbes et les arbres se prosternent devant Lui. Le Ciel, Il l’a élevé ; et l’équité, Il l’a instituée, afin que vous ne fraudiez pas dans les pesées  et que vous ne faussiez pas la balance. Quant à la Terre, Il l’a aménagée pour tous les êtres vivants, en la pourvoyant d’arbres fruitiers, de palmiers aux régimes bien protégés, de grains empaillés et de plantes odoriférantes. Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur oserez-vous renier? Il a créé l’homme d’une argile semblable à celle qui est utilisée en poterie et Il a créé les djinns d’un feu subtil sans fumée. Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur oserez-vous renier? Il est le Maître Souverain des deux Orients et Il l’est aussi des deux Occidents. » Coran (55, 1-17)

Le Statut du Coran

De la nature à l’exigence de l’éthique et de l’équité dans le comportement humain. Tout renvoie au souvenir du Créateur dont la manifestation première est la bonté et la clémence. C’est d’ailleurs au nom de Sa bienveillance à l’égard des Hommes qu’il a révélé le Texte. La Révélation est à la fois un don et un poids. C’est ainsi que se présente d’emblée ce qui constitue le socle du second axe des premiers enseignements islamiques. Dans la sourate Les Abeilles An-Nahl, le Coran établit le lien entre Dieu et l’Homme :


« Et Nous savons parfaitement qu’ils disent: «Ce n’est qu’un être humain qui lui enseigne (le Coran). Or, la langue de celui auquel ils font allusion est étrangère [non arabe], et celle-ci est une langue arabe bien claire. » Coran (16, 103)


Voilà un des fondements du credo musulman (al-‘aqîda) : il s’agit de la parole divine révélée en l’état à l’humanité dans une langue arabe claire. Elle est à la fois Rappel, lumière et miracle :

Rappel : des messages monothéistes du passé

Lumière : de l’orientation divine pour l’avenir

Miracle : de la parole éternelle et inimitable transmise à la conscience des hommes et au cœur de l’histoire.


Le Coran dès l’origine se présente comme le miroir de l’univers. Ce qui fut traduit par « verset » par les premiers traducteurs occidentaux (se référant au vocabulaire biblique) signifie littéralement, en arabe, « signe ».  Ainsi le livre révélé, le Texte écrit, est constitué de signes « Âya ».  De la même façon, l’univers, à l’image d’un texte devant nos yeux déployé, est foisonnant de ces mêmes signes. Lorsque c’est l’intelligence du cœur qui lit le Coran et le monde alors les deux Livres se font écho. Chacun d’eux parle de l’autre et de l’Unique. Les signes rappellent le sens de naître, de vivre, de penser, de sentir et de mourir.

Par sa forme et son contenu, le Coran par sa puissance spirituelle est le miracle de l’Islam. Il représente également une immense et double responsabilité pour les musulmans d’une part. D’autre part, l’exigence éthique que l’enseignement coranique leur impose et leur rôle de témoins de ces mêmes enseignements devant l’humanité. C’est cette dimension qui est présente dans la sourate al-Muzzammil (celui qui est enveloppé d’un manteau) :


« En vérité nous allons te charger d’une parole de grands poids. » Coran (73,5)


« Si nous avions fait descendre ce Coran sur une montagne, tu aurais vu celle-ci se prosterner d’humilité et se fendre sous l’effet de la crainte révérencielle de Dieu. » Coran (59,21)


Le Texte révélé, Parole de Dieu, (kalâm Allah) se présente tout à la fois comme un rappel bienveillant et une injonction morale particulièrement exigeante qui répand autant le souffle spirituel qu’il structure la forme précise du rituel religieux.

A suivre

Yathrib786

23 juillet 2017
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